Terrorisme et médias

Déc 29, 17 Terrorisme et médias

 

 

“Comme d’autres pays démocratiques, la France est confrontée à l’irruption plus ou moins fréquente de violences, dites “terroristes”, commises par des groupes appartenant, ou non, à la communauté nationale.

Dans la seconde moitié des années 90, divers événements terroristes ont touché la France, lui causant “des dommages” variés.

L’été 1995 et l’automne 1996 ont été particulièrement marqués par un terrorisme “international”, commis au nom d’une cause “étrangère” aux préoccupations de la société française.

Les bombes qui ont explosé dans les rames de RER parisien (à la station St-Michel, puis à la station Port-Royal) ont inscrit, par de nombreuses victimes, la cause des “islamistes” algériens sur le territoire français.

L’hiver 1998, a été un moment fort du “terrorisme” nationaliste corse avec, pour la première fois, l’assassinat d’un haut représentant de l’État français, le préfet de région Claude Erignac, abattu un soir en pleine rue d’Ajaccio.

Ces violences ont donné lieu à une importante production médiatique.

Beaucoup d’articles les ont relatées et commentées, en tentant d’en fournir les tenants et les aboutissants.

   Pourquoi revenir sur ces événements et, plus largement, sur la question du terrorisme tel qu’il peut être “raconté” par les médias, en démocratie ?

Il y a, semble-t-il, une vraie nécessité de réfléchir à l’information développée autour du terrorisme, parce que ce phénomène de violence est éminemment problématique pour la démocratie, communauté fondée en droit.

Les auteurs des violences terroristes peuvent être membres, ou non, de la communauté nationale, ce qui pose des problèmes différents, quant à la répression que l’État peut mettre en œuvre.

Mais, d’une façon générale, le terrorisme interroge radicalement la possibilité, pour un État démocratique, de faire usage de la force.

Lorsque les auteurs du terrorisme sont membres de la communauté nationale (comme c’est le cas pour les nationalistes corses), l’usage de la force légale devient un cas limite de la mise en œuvre de la violence étatique.

Pour envisager l’écart entre cette situation et celle où les auteurs sont des “étrangers”, un cas de terrorisme interne sont donc retenus.

Une situation “limite” pour l’État, l’est également pour les médias, instruments incontournables de la vie démocratique.

Ils ont à produire un discours rationalisé sur une violence qui excède la rationalité et remet en cause leur communauté d’appartenance.

Ces discours sur le terrorisme sont des moments où s’expriment de façon nette les difficultés qu’ont les médias à exercer leur activité sans produire un simple “reflet” des discours ambiants, souvent marqués par les positions de l’État”, article de la journaliste française, “Audrey Crespo-Mara”, l’épouse de l’homme en noir “Thierry Ardisson”.

“Terrorisme et médias”, d’Audrey Crespo-Mara, est parmi les articles les plus partagés par les internautes.

 

    Typologie de la violence :

Différentes formes de violence sont susceptibles de faire l’objet d’un discours médiatique en démocratie : violence criminelle, sociale, violence politique, terroriste ou violence de l’État.

Avant de parler de “terrorisme”, il faut donc tenter de caractériser les phénomènes en précisant quelles peuvent les réalités qui les constituent.